Julie vient de perdre une incisive

Nous devisons tranquillement sur le devenir de la dent, surtout que Julie a récemment appris que la petite souris n’existait pas. Elle me dit : « ce n’est pas grave maman, je sais qu’une petite souris sommeille en toi, tu peux mettre une pièce sous mon oreiller… »

Pas bête hein ?

Zip

Jeudi, j’ai pris le train de banlieue, pour aller au boulot, et comme j’ai mal à la gorge, j’ai pris avec moi des pastilles pour me soulager. Je suis dans un « carré » avec 3 autres femmes. Je suçote mes pastilles comme des bonbons et m’en enfile 3 durant le voyage (ce sont des pastilles sans sucre, je vais probablement le regretter plus tard dans la journée). Je vois qu’une des femmes me regarde. Ah! Mon arrêt, je me lève pour sortir. La femme m’attrape par le bras et me dit quelque chose à voix basse. Je me dis ça doit être une infirmière ou un docteur, et elle est en train de me dire que je mange trop de pastilles?? Je la fais répéter…. »votre braguette est ouverte ». Oh mince, oui c’est vrai.

Bon.

J’essaye de fermer ladite braguette le plus discrètement possible. C’est bon. Je descends les escaliers, et contrôle « la zone » par réflexe, mince, encore ouverte!! En fait dès que je fais un mouvement elle s’ouvre! Non mais c’est quoi ce pantalon neuf hors de prix avec la braguette qui ne tient pas?

Bon réunion, sous la table ça ne se voit pas. Je me lève me tourne, (zip), je vais au café (zip), les mains pieusement jointes sur la zone je me tourne (zip) je vais à mon bureau, dès que je me lève (zip). « Alors concernant le dossier machin, je pense qu’on ferait mieux de faire ça, tu es OK? Attends un instant (zip).

« Tu viens manger? » Oui j’arrive (zip)

Le soir venu je ferme mon blouson ça ne se voit pas trop. Bon le problème c’est que j’ai un manteau d’hiver et qu’il fait 20°. Je prends le bus (zip), j’arrive à la crèche (zip), je rentre chez moi (zip) oh et puis, je laisse tomber.

Chéri rentre. Je me plains : « regarde, ce pantalon que j’ai acheté il est très cher, il me fait des fesses potables, et malheureusement, regarde (zip) la braguette ne tient pas ». Chéri  alors se lève, sans un mot il vient vers moi, (zip). Il me dit, « c’est une braguette bloquante. Il suffit d’appuyer là ».

??

Comment tu savais?

« Je suis un homme, il ne peut pas y avoir « pantalon hors de prix » et « braguette qui ne tient pas » dans la même phrase.

Le jurlement

 

Ce matin, en mode solo, réveil enfant pas top (je déteste réveiller ma fille, elle a l’air tellement bien sous sa couette que c’est un déchirement). Je la porte encore tout endormie dans le salon pour qu’elle se réveille doucement devant son dessin animé préféré. Je lui prépare son petit déjeuner et pars vite dans la salle de bain pour un débarbouillage-habillage rapide.

 

Retour salon : « Julie tu prends ton petit déjeuner, dépêche – toââ allez debout on s’habille dépêche toâââ ». Péniblement j’habille Julie « Allez mange ta banane, oui j’ai vu les trois petits cochons, non je ne veux pas manger de banane Alleeeeeeeeeeeeeeez dépêche toâ ! »

 

Arrive le moment du départ pour l’école je dois impérativement être à l’heure pour attraper mon bus et avoir mon train pour cause réunion de la plus haute importance (du moins, c’est ce que je crois à ce moment-là…), je dis « Julie éteins la télé », Julie appuie sur la mauvaise télécommande et allume, du coup la rognotudju de PlayStation. J’éteins la télé, puis j’essaye d’éteindre la PlayStation, c’est toujours difficile, sachant qu’il n’y a pas de bouton off.

 

Après quelques minutes d’énervement j’arrive à l’éteindre.

 

« Maman, oui ma puce ? Qui c’est qui a éteint la télévision ? (j’essaye de noyer le poisson) C’est nous deux ma puce. Oui mais maman, c’est moi qui éteins la télévision, OK je la rallume et toi tu l’éteins (ça me fait économiser quelques précieuses minutes de discussion). Julie se trompe et appuie à nouveau sur la télécommande de la PlayStation….premier jurlement de la journée.

 

Un jurlement et une façon de s’exprimer : pendant que tu jures comme un charretier « à l’intérieur » à l’extérieur un seul mot résonne « Julie !!! » le jurlement est donc l’action de jurer intérieurement pour garder chaste les petites oreilles, et de hurler à l’extérieur car ça fait du bien.

 

« Mais maman, pourquoi tu cries ? » Et là, grosses larmes sur petites joues rebondies.

 

Haute culpabilité maternelle.

 

Je m’assoie, je la calme je m’excuse « oui Julie je n’aurais pas dû crier, maman est désolée ». Après tout ce n’est pas de sa faute si la PlayStation est mal fichue.

 

Petits yeux humides, snif snif je dis « Julie est-ce qu’avec un petit bonbon ça irait mieux ? ». Elle me fait comprendre que vue la situation, un bonbon la soulagerait sûrement.

 

« Oui mais c’est moi qui choisit » me dit-elle.

 

J’ouvre la boite à bonbons (la boite à bonbons ne s’ouvre que pour raison exceptionnelle, je vous rassure).

Et je vois les tentations, une sucette, quelques carambars, quelques colliers de bonbons…j’avise un bonbon Krema à l’orange emballé, ça au moins, ce sera vite réglé. Je lui donne.

« Mais maman, c’est moi qui devais choisir ! »  « Oui, mais non (notez que « oui mais non » est passé dans mon vocabulaire courant) ma puce je prends exprès celui-là car au moins tu n’aurais pas les doigts qui collent ».

Julie enlève ses gants, enlève le papier et mange le bonbon

« Maman, j’ai les mains qui collent !! » (Je l’attendais celle-là…) Coup d’œil à la montre….

Mes tes gants ma puce, comme ça tes mains ne colleront plus on les lavera à l’école….

Clé dans la porte, blouson fermé, on se précipite pour aller à l’école. Sur le chemin, nous croisons Anna et sa maman. Anna, pleine d’énergie (mon Dieu, mais comment fait-elle ?) saute sur place, court partout et dit à Julie « attrape-moi si tu peux !! ». Les filles partent à toute vitesse, et je vois la route arriver.

Deuxième jurlement. Donc je jurle : « JULIE !!!! ». Effet immédiat, elle s’arrête de courir.

 

Le reste du parcours se déroule sans encombre.

 

Arrivées à l’école, le couloir est boqué par le petit Adrien qui se roule par terre parce qu’il n’a pas son doudou, et ses parents (les deux) désemparés en train de le tirer par le pull jusqu’à la salle de classe. Je fais bisou à ma petite puce, et je lui dis, « faufile-toi », ce qu’elle fait. Opération dépôt à l’école si on excepte le parcours, en général est assez rapide. Ce qui me permet de sprinter jusqu’à l’arrêt de bus, façon slalom pour éviter les parents et les enfants qui vont, eux, en direction de l’école.

 

Arrivée arrêt de bus. Il est en retard (ça tombe bien, moi aussi). Je retrouve Alphonse et Alice, deux copains de bus. Nous devisons tranquillement sur le fait que si le bus arrive en retard, mathématiquement, il y a un risque que nous loupions le train. Aujourd’hui j’ai une réunion importante, je dois donc être là-bas à 9h30 pétante (9h29 serait un plus, j’aurais le temps de boire un café…).

 

Le bus finit par arriver….et nous amener à la gare. Premier constat, il y a sûrement des trains qui ne sont pas passés, car le quai est noir de monde. Avec Alphonse et Alice, nous nous faufilons jusqu’au bout du quai. Le train arrive, nous rentrons au chausse-pied dans le wagon. Nous nous organisons avec les autres voyageurs pour utiliser tous les m² disponibles. Car si nous nous sommes rentrés, ce ne sera probablement pas le cas des autres voyageurs des autres gares du trajet. Blagues des usagers : « avec tout ça il ne manque plus qu’un malaise voyageur !! Attention v’la le contrôleur, ah ben il sera bien reçu !! »

 

Quelques jurlements: poussez-pas, ah mais monsieur, je n’y suis pour rien, est-ce que les voyageurs dans les allées pourraient se serrer plus bah non, en fait sinon, on va finir sur les genoux de ceux qui sont assis, ah ben c’est peut être la solution. Et si je me mettais dans le porte bagage ? Ah ah ah….

 

Et là Alice a eu cette réflexion: « quand je pense à tout ce qu’on subit le matin pour aller travailler (également mère d’une petite Coralie, 8 ans, avec qui, ce matin ça ne s’est pas super bien passé) et que je vais avoir mon entretien annuel avec cette petite phrase qui revient tout le temps : « vous n’êtes pas assez motivée !!!! ».

Moche…

Dimanche, petite puce, devant sa robe cendrillon, un brin désappointée car sa robe est déchirée.

Maman n’écoutant que son cœur et son courage, pour la toute première fois, sors un fil une aiguille, et adapte une de ses robes du soir pour la petite princesse en mal de fringues… Julie aux anges, se plie aux essayages… maman se foule, Chéri pendant ce temps-là voit le panier de linge sale déborder et me demande « il n’y a pas plus urgent à faire???? » Je réponds que non et je m’implique totalement dans ce moment créatif, je couds des petits nœuds, des petites perles, et je suis ravie. Rendez-vous compte, pour la première fois dans ma carrière de maman, je fais une robe pour ma fille!!!

Arrive la fin de mon ouvrage, petite puce enfile sa robe (avec une traine, s’il vous plait) se coiffe, mets ses chaussures de princesse, un serre-tête, prête pour aller au bal. Je ne suis pas peu fière de ce travail et sors mon appareil photo pour mettre une preuve sur les réseaux sociaux que je sais coudre un peu. Et là Julie me dit : « non maman tu ne prendras pas de photos et tu devrais t’excuser de m’avoir fait une robe aussi moche!!!! »