A, B, C, D, E, F, G…

Dans la série je ne vous ai pas raconté?  Voici un extrait de mon Journal-Novembre 2009.

Ma princesse n’a pas la patate. Elle culmine à 39° depuis deux jours. Le diagnostic est tombé aujourd’hui « otite ».  Etrange, j’ai déjà vécu ça…..

Ce qui est sympa c’est quand la crèche m’appelle, dring, « venez chercher Julie », « oui mais bon là je quitte Orléans, je suis sur l’autoroute, je ne peux pas faire grand-chose, donnez-moi un instant le temps que je trouve un plan B »

Plan B, alllo maman??? Je suis à Lille ma chérie.

Plan C, allo papa??? Papa???? Papa???? Papa???

Plan D, allo Belle-maman????? Yes!!

Le plan D était le bon (j’ai de la chance, d’avoir un plan D, je sais).

J’ai fait la route vers Paris au volant d’un combo, c’est une sorte d’utilitaire, qui fait que tu finis le voyage sourde et aphone.

Scrogneugneu, quand je finis par arriver à Paris, il est déjà 20h00.

Une fois garée au parking souterrain, nous devons décharger le véhicule. Notamment le matériel d’analyse qui est dans une très grosse caisse, fort heureusement équipée de roulettes, mais les escalators ne marchent pas, comme d’habitude, ils sont là pour décorer. Mon collègue me demande si je veux bien porter la caisse avec lui dans les escaliers qui mène à notre bien aimée tour de bureau.

…?

Un seul regard de ma part a suffi, il a compris que non.

Nous avons traversé les couloirs avec cette question récurrente, mais comment font les personnes handicapées pour sortir du parking ? Le but du jeu étant de grimper d’un étage pour atteindre la surface.

J’ai fini par l’abandonner lâchement au pied de l’ascenseur enfin trouvé et j’ai filé jusqu’à la tour décharger mon sac et rendre les clefs de la « voiture ».

Un bref au revoir, et je prends un taxi pour retrouver mon bébé endormi mais sans fièvre. Je me suis dit ouf fausse alerte.

Erreur fatale.

Le lendemain, bébé en pleine forme pas de fièvre. Je paraphrase mon pédiatre « c’est sûrement les dents ».

Je file à la crèche et dépose mon bébé mesuré à 37,2°C. Puis je file à la gare attraper un train pour aller à l’institut Pasteur faire mes vaccins pour mon départ de la semaine prochaine au Mali.

Arrivée à la gare, pas de train.

Plan B, j’essaye de trouver une autre gare où il y aurait des trains. Qui marchent. A l’heure prévue.

Plan C, préférable, je repère un taxi.

A peine montée dedans, dring, venez chercher Julie elle a 38,5°….

Arg, Plan D Direct, allo, belle-maman ????? (Je sais, j’abuse).

Je me fais piquer puis je file au bureau pour une réunion.

15h45, je les abandonne lâchement en pleine réunion pour aller relever ma belle-mère de ses fonctions (pour ne pas trop abuser quand même).

Dans le train, qui me ramène chez moi, je prévois un plan B pour demain car je donne un cours à la fac de Dijon. Allo maman?????

Secrètement, j’espère qu’une grosse tempête de neige va s’abattre sur Dijon et bloquer toute la ville durant la nuit….ou alors ma ville, ça ira très bien aussi.

5h00, je me lève, pas de tempête de neige, dommage, je laisse au moins quarante-cinq post-its à ma mère avant de prendre le train pour Dijon.

10h00 je suis en train de donner mon cours, mon portable en mode vibreur progresse tout seul d’un bout à l’autre de la table, ce qui n’est pas pour me rassurer, et me déconcentre totalement.

En fait c’est ma mère qui me pose des questions existentielles qui ne sont pas sur les post-its que j’ai laissés :

– où sont les draps propres?

– où est sa couverture?

– où est son habillage de poussette?

– Et tu ranges où tes pommes de terre?

15h00 le verdict tombe. Otite. Le côté positif, ce n’est pas la grippe. Le côté négatif, c’est qu’elle a perdu 500g depuis la semaine dernière.

J’espère qu’une grosse tempête de neige va tomber sur Paris vendredi, jour de mon départ au Mali…

Finalement, ma mission a été annulée.

Quel dommage !

Les loooongs trajets en voiture

En général on joue à « qui suis-je » avec Julie. Et je perds la plupart du temps. Morceaux choisis :

Julie : Je tombe sans me faire mal

Moi : hum la pluie ?

Julie non : voici un indice, en vrai ça tombe pas.

Chéri : c’est ça ton indice Julie ?

Julie : Oui.

Moi : hum pas facile.

Julie : réfléchis, c’est dans une journée.

Moi : ah je sais c’est le soir !

Julie : perdu c’est la nuit !

***

Julie : c’est une plante sur laquelle pousse des fruits. C’est une plante et pas un arbre.

Moi : hum….plan de tomate ? Framboisier ? Fraisier ? Groseillier ?

Julie : non. Voilà l’indice : les fruits on ne les lave pas.

Chéri : hum normalement tous les fruits se lavent.

Julie : non pas tous. Un autre indice : c’est un fruit jaune.

Moi : une banane ?

Julie : non la banane c’est le fruit mais la réponse c’est le bananier.

Chéri : mais, un bananier ce n’est pas une plante c’est un arbre.

Julie : non un bananier ce n’est pas un arbre, les gens du centre de loisirs le disent !

Chéri : ah oui c’est vrai c’est une plante monocotylédone.

Julie : oui c’est une grosse plante.

Moi : (misère….)

***

Julie : c’est un animal. Voici l’indice : hiiiiiii prrrrrrffffff.

Chéri : hum, l’indice sonore n’est pas facile….

Julie : il a une trompe

Moi : un éléphant !

Julie : perdu, c’était un mammouth.

***

Julie : ce n’est pas dur.

Moi : c’est mou ?

Julie : non c’est liquide. Voilà l’indice : c’est quelque chose qu’on ne doit pas boire

Moi : l’eau du bain ?

Julie : perdu, c’était la mer !

***

Mais de temps en temps je gagne :

Julie c’est un légume. Voici l’indice : je n’aime pas en manger

Moi : haricot vert (facile…)

Julie : gagné !

***

De temps en temps, j’essaye de l’intéresser à d’autres sujets. Nous traversons Chenove. Je lui dis :

« Regarde Julie Chenove est jumelée avec la ville de Limburgerhof ».

Julie : « à part le mot ville, je n’ai pas compris ce que tu as dit maman ».

Chéri explique alors ce que signifie le jumelage.

Moi : « et la ville qui est jumelée avec Chenove c’est donc la ville allemande de Lumenghorf ».

Julie : « et en français c’est quoi ? »

ça-me-la…

Je profite de mes derniers jours de congé parental pour ranger chez moi et chez ma mère.

Je suis assez contente des nouveaux aménagements que j’ai fait dans notre appartement. Néanmoins je trouve que les jours raccourcirent et je vois arriver avec effroi la fin de cette parenthèse bénie. Je me suis donc imposé un calendrier militaire avec tout ce que je souhaite terminer avant de retourner travailler. Vendredi, jour où j’ai prévu d’aller chez ma mère j’apprends qu’elle ne sera pas disponible avant 13h. J’ai donc le temps, enfin je pense, d’aller faire un tour au magasin de meubles pour prendre des boites de rangement, et être de retour pour ma visite médicale, en début d’après-midi. Il faut dire que je suis allée chez ma copine Annick qui m’a montré son sous-sol rangé au carré, et ça m’a donné des idées, et la motivation de trier les fringues de Julie entassées dans un placard chez ma mère. Histoire de retrouver facilement des vêtements à la bonne taille pour Charlène.

C’est donc pleine de bonnes résolutions que je me dirige en vitesse au magasin, avec un petit sandwich, pour aller chercher les boites.

Les boites ont un petit nom et elles s’appellent çamela. J’en prends cinq, avec les couvercles, et j’en profite pour racheter des torchons, des éponges et des petites boites en carton. Coup d’œil à ma montre c’est bon j’ai juste le temps d’avaler mon sandwich et de filer au rendez-vous. Je passe à la caisse où il faut scanner soi-même les articles. Bref une fois mes articles scannés et payés, j’empile les boites pour les amener à la voiture.

C’est alors, qu’une dame, préposée à ces fameuses caisses, me bloque le passage. Elle me demande : « vous allez faire un deuxième ticket ? » Je la regarde étonnée, et je lui dis que non, j’ai payé tous mes articles.

Elle me répond : « dans ce cas, madame, nous avons un problème ».

Encore plus étonnée, je réponds : « ah bon ? Et lequel ? »

« Vous avez 15 articles, et vous n’en avez payé que 10 ».

Je la regarde, de plus en plus interloquée, et je recompte mes articles. Selon moi il y en a bien 10.

« Non, madame, 15 !!! »

Je lui dis que je ne comprends pas.

Sur ce, elle appelle la sécurité.

Tout à coup, illumination : « Etes-vous en train de me dire que il faut payer les boîtes et leurs couvercles séparément ? »

« Madame, je ne peux plus rien pour vous ».

Arrive l’agent de sécurité. La préposée au caisse, sur un ton accusateur exige :

« Emmenez madame pour payer les articles manquants !! »

Bref, je suis rouge de honte et déconfite, et je bredouille à l’agent que jamais je n’ai voulu voler quoi que ce soit, et que ma logique personnelle est en cause, puisque cela ne me viendrait pas du tout à l’esprit de vendre une boîte sans son couvercle !

L’agent est sympa, souriant, il me dit de ne pas m’inquiéter : ça arrive.

Il me pilote vers la caisse centrale, ou je rebredouille que je ne l’ai pas fait exprès, mais à vrai dire, les filles de la caisse n’ont pas l’air de considérer cette histoire grave, et me font tout simplement payer les cinq boites (parce qu’en vrai, du coup, je n’avais payé que les couvercles…)

Bon, les boîtes ET leurs couvercles dûment payés, c’est alors que je réalise qu’il y en a une de cassée. Flûte !

L’heure tourne et je vais être en retard. Les caissières m’ouvrent une barrière et me disent d’aller en chercher une autre. Scrogneugneu, c’est bien sûr à l’autre bout du magasin.

Résultat des courses, je suis arrivée en retard à mon rendez-vous, et bien ça-me-la reste en travers de la gorge, cette histoire…..

Et le comble : ces boîtes ne ferment pas, il faut acheter, en plus, leur système de fermeture…

Les petits noms

 Je gratifie souvent les filles de petits noms et parfois ça me joue des tours. Voici un exemple lors de notre passage à la pharmacie, en urgence avant de partir en vacances.

J’arrive avec Charlène dans sa poussette, Julie sur mes talons, et j’ai avec moi quelques courses que j’ai faites en passant à Super vite.

Il y a du monde, je dois attendre. Julie me demande si nous allons acheter maintenant la crème prescrite pour ses boutons de piqures d’araignées, car ceux-ci la démangent atrocement.

« Oui ma puce, je vais m’occuper de toi ». Pendant ce temps Charlène repère une peluche en forme de chien (située en évidence au dessus du rayon animaux), son animal préféré, et hurle à la mort pour l’obtenir.

« Mon petit coeur, le chien n’est pas pour toi, Julie ma puce, emmène ta sœur faire un tour en poussette dans la pharmacie pendant que j’achète les médicaments ». Julie me signale qu’elle n’est pas assez musclée pour pousser la poussette. Je lui dis de s’entraîner et que ça lui fera les muscles pour la corde à sauter (son activité préférée du moment). Malgré sa bonne volonté, elle n’y arrive pas. Je lui dis : « Julie mon amour, si tu n’arrive pas à pousser la poussette, tourne là vers les râpes pour les pieds, qu’elle ne voit plus le chien.

« Hein Charlène ma petite princesse, tu n’en veux pas hein de la râpe pour les pieds, regarde, il y a des suppositoires aussi, mon amour ». Charlène se calme immédiatement.

Julie revient à la charge car ses boutons la démangent vraiment atrocement. « Oui ma puce je m’occupe de toi dès que j’ai fini de payer ».

Et au pharmacien qui me rendait ma carte bleue et mes médicaments, j’ai dit : « merci, mon cœur ! ».

Trucs utiles / inutiles dans ma vie de maman

Oups, désolée  de vous avoir laissé tombé quelques temps…pas de connexion internet. Voici une petite réflexion personnelle pour me faire pardonner 🙂

Truc inutile : le parapluie / Truc utile : la cape de pluie (parce qu’avec la poussette, ben on ne peut pas tenir un parapluie)

Truc utile : le kit main libre pour téléphone portable. Sauf que quand on m’appelle et que je suis sur un trajet, en général, je laisse sonner et j’attends d’être plus tranquille pour rappeler. Parce que je me doute que c’est pénible pour mon interlocuteur d’entendre en plus de la conversation, le vent, mon halètement quand je pousse la poussette en montée, et mes cris quand je jurle sur Julie pour qu’elle m’attende. Sauf si c’est ma mère bien entendu. Elle, elle a l’habitude.

Truc inutile : le sac à main / Truc utile, le sac bandoulière. Pour avoir tout en accès direct, et parce qu’avec la poussette, ben on ne peut pas tenir un sac à main. Evitons le sac banane quand même, ce serait tomber bien bas.

Truc inutile : les escarpins talons aiguilles / Truc utile, les bottines à talons (pas trop hauts). Parce qu’avec la poussette, et bien parfois il faut courir pour avoir une chance d’attraper ton bus. Et c’est plus facile sans les talons aiguilles. Enfin pour moi, parce que les autres mamans, elles, elles y arrivent, et ont certainement suivi un entrainement à l’école de la démarche gracieuse et chaloupée avec des talons. Ce qui n’est pas mon cas. Quand je mets des talons, on me demande parfois si j’ai une prothèse de hanche.

Truc inutile : le porte-monnaie / truc utile : la poche de pantalon/manteau. Plus simple, définitivement. Sauf que quand je change de pantalon ou de manteau, je n’ai plus de monnaie.  De toute façon avoir tout dans les poches c’est plus pratique (les clefs, les mouchoirs, les bonbons, les cartes de fidélité et les abonnements transports en communs). C’est juste que avoir les poches bombées c’est pratique oui, mais pas très joli.