Moche…

Dimanche, petite puce, devant sa robe cendrillon, un brin désappointée car sa robe est déchirée.

Maman n’écoutant que son cœur et son courage, pour la toute première fois, sors un fil une aiguille, et adapte une de ses robes du soir pour la petite princesse en mal de fringues… Julie aux anges, se plie aux essayages… maman se foule, Chéri pendant ce temps-là voit le panier de linge sale déborder et me demande « il n’y a pas plus urgent à faire???? » Je réponds que non et je m’implique totalement dans ce moment créatif, je couds des petits nœuds, des petites perles, et je suis ravie. Rendez-vous compte, pour la première fois dans ma carrière de maman, je fais une robe pour ma fille!!!

Arrive la fin de mon ouvrage, petite puce enfile sa robe (avec une traine, s’il vous plait) se coiffe, mets ses chaussures de princesse, un serre-tête, prête pour aller au bal. Je ne suis pas peu fière de ce travail et sors mon appareil photo pour mettre une preuve sur les réseaux sociaux que je sais coudre un peu. Et là Julie me dit : « non maman tu ne prendras pas de photos et tu devrais t’excuser de m’avoir fait une robe aussi moche!!!! »

Une histoire de poule

Julie chipote dans son assiette. Visiblement peu motivée….

Je l’encourage « « Julie mange ton poulet »… »

« Maman, c’est quoi ça? »

« Ce sont les pattes du poulet. Mange ton poulet ».

« Mais un poulet ça a des jambes? »

« Heu non, ça a des pattes tu vois, là ».

« Ben ils sont où ses pieds? »

« Heu… ils ont été coupés par le boucher (berk). Julie mange ton poulet!! »

« Mais, si il a des jambes, alors il a des fesses? »

« Oui le poulet a des fesses ».

« Elles sont où? » (Là, il faut que je réfléchisse un peu dans quel sens est le bestiau…)

« Julie, mange ton poulet! »

« Mais si il a des fesses, alors il a des bras? » (Moi, j’ai de moins en moins faim…).

« Julie, un poulet n’a pas de bras, un poulet a des ailes, tu sais bien qu’une poule c’est un oiseau qui ne vole pas ».

« Ben alors maman, c’est un poulet ou une poule? »

« Hein? »

« C’est une fille ou un garçon qu’on mange? »

« Julie on dit poulet quand on le mange mais en vrai c’est une poule ».

« Pourquoi? Les coqs ça se mange pas? »

« Si les coqs ça se mange aussi »

« Ben elle est où sa crête? »

« Julie……bon tu as gagné….qu’est-ce que tu veux comme dessert? »

Parentitude, Volume 2

Vous avez dans votre sac plein de trucs, en plus du portefeuille et de vos clés vous comptabilisez 3 coquillages, 2 marrons, 1 plume et 5 petits cailloux.

Vous avez chez vous une collection impressionnante de jouets d’œufs surprise, et de fastfood.

Vous devenez hypocrite (« mais oui il est très beau ce collier nouilles/polystyrène, je vais le mettre au bureau »).

Vous culpabilisez sans arrêt (Suis-je une bonne mère ? A-t-elle un manteau assez épais vu que c’est l’automne au mois de mai ? Pourquoi j’ai mangé ce gâteau au chocolat ? Pourquoi je ne me suis pas levée plus tôt j’aurais eu le temps de faire un brushing !!!)

Vos objectifs ont beaucoup baissé (avant : grande carrière, grande maison, et pourquoi pas monter ma boite !!! Après : arriver à l’heure, Babybel dans le frigo, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah on n’a pas payé les impôts !!!! )

Vous êtes souvent à cours de papier toilette. (Il faut dire que dans ce domaine, parcimonie, les enfants ne connaissent pas vraiment).

Vous devenez télé-dépendant : d’ailleurs  ils ont déplacé l’épisode de Dora à un autre horaire, ce qui vous a foutu en l’air votre organisation matinale. Et vous l’avez compris quand votre petit bout a hurlé qu’il ne voulait pas voir Franklin…

 

Vous avez sommeil.

Viva España !

 Les vacances, l’Espagne, ses plages, et la petite Julie aux anges avec ses châteaux de sable…je suis avec Chéri je regarde le bleu du ciel pendant que Julie fait des pâtés. L’eau est trop froide pour se baigner, nous sommes quand même au mois de mars, et il n’y a pas grand monde. Soudain, un petit détail vient briser la sérénité de l’instant : « maman, je dois faire pipi ».

 

Bon.

 

Un coup d’œil à Chéri m’indique que manifestement c’est à moi de m’en occuper.

 

J’avise quelques herbes hautes , un peu plus loin…après tout, un petit pipi discret et nous serons de retour, ce programme me semble tout à fait réalisable.

En chemin, Julie repère un caillou qui brille, puis revient sur ses pas pour ramasser un coquillage rose qui manque à sa collection déjà fournie.

Arrivées dans les herbes hautes, avec de grands yeux écarquillés, Julie m’informe : «  c’est caca aussi !! »

 

Et m…

 

Je choisis de remonter à l’hôtel. Enfant sous le bras, je pique un sprint (et je me congratule machinalement car courir sur le sable n’est pas chose facile). Je monte les escaliers quatre à quatre. Arrivées à la piscine de l’hôtel, le drame.

 

« Maman, le caca est là !!! » Elle se déculotte et évacue sur moi le contenu de ses intestins.

 

J’ai eu un court moment de grande solitude, au bord de cette piscine magnifique, au milieu de la terrasse d’un hôtel cinq étoiles où les touristes, buvaient tranquillement leur sangria.

 

Résignée et couverte de, heum, matières fécales, j’ai pris mon enfant déculottée sous le bras, et fait des signes à Chéri resté sur la plage. De ma voix la plus posée, je lui ai dit, « tu peux venir, s’il te plait ? J’ai un truc pour toi…. Et remballe les affaires, on ne va pas retourner sur la plage. Ah bon pourquoi ? ? Une intuition… ».

 

Il arrive et horrifié me regarde, puis regarde les différents tas par terre…il faut dire que suite à ses différentes maladies ces deux derniers mois, Julie a perdu beaucoup de poids et du coup nous avons passé les cinq derniers jours à l’engraisser avec paella, frites et nuggets. Le résultat est là…. « Oh maman, c’est du crottin de petite fille !!! ». Stoïque, j’ai donné l’enfant à Chéri : tiens c’est ta fille, occupe-t-en, je nettoie la piscine.

 

J’ai donc consciencieusement, à l’aide de sacs plastiques et de mouchoirs,  ramassé les petits tas par terre, que j’ai jeté à l‘extérieur de l’hôtel. Puis calme et détendue, j’ai traversé le bar, le hall d’entrée, pour me diriger, comme si de rien n’était, vers les ascenseurs.

 

Les touristes qui revenaient du golf me fixaient bizarrement, mais…il faut savoir rester digne en toutes circonstances….Surtout dans un hôtel 5 étoiles.

Parentitude, Volume 1

Les subtils indices qui indiquent la Parentitude….

Vous dites beaucoup moins de gros mots. En tout cas, vous essayez….

Vos comptez les fruits et les légumes, cinq par jour, c’est ce qu’on vous a dit. Un légume en conserve est un légume avant tout….

Vous parlez subitement anglais ou espagnol pour parler de choses délicates (cadeaux de Noël, dernier rapport sexuel, ce que vous pensez réellement de votre beau-frère).

Vous êtes beaucoup mais beaucoup moins maniaque notamment sur le rangement.

Maintenant quand vous êtes en retard, ce n’est plus une panne d’oreiller, c’est indépendant de votre volonté (colère enfantine, vomi intempestif, jus d’orange renversé)

Les lieux de vacances sont profondément modifiés au lieu des voyages transatlantiques vers des iles paradisiaques perdues, vous privilégiez les destinations à plus ou moins deux heures de voiture, avec des points relais.  Voire, de looooongues pauses.

Vous êtes beaucoup plus résistants à la fatigue. Incroyable ce qu’on peut abattre comme boulot avec deux heures de sommeil au compteur.

Dépêche-toi !!  Vite !! Attention !! Non !! Parce que…Font partie des mots qui sont couramment usités.

Vous êtes désemparée face à des questions simples : « maman, pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi les nuages ça vole ? Pourquoi papa ronfle ? (mais c’est vrai ça, pourquoi il ronfle papa ????)

Vous marchez régulièrement sur des petits objets en plastique Lego, playmobil…et bizarrement les petits font plus mal que les gros. (Chéri a même ajouté c’est une question de portance sur la masse…vous avez acquiescé sans trop comprendre s’il parlait ou non de votre poids…)

Vous avez dit adieu (avec un pincement au cœur) à vos grasses matinées, à votre pantalon taille 38, et à vos diners en amoureux.

Bon sang, pourquoi vous retrouvez toujours des barrettes dans la machine à laver ? (Côté fille)

Bon sang, « comment tu fais pour ruiner en un après-midi ton pantalon neuf ? » (Côté garçon, ce sont mes copines, qui me racontent)

Tous les sparadraps chez vous sont à l’effigie de Dora, Petshop ou Babar.

Vous n’êtes pas très loin de la crise cardiaque quand SNCF ou RATP vous annonce : une suppression intempestive, une grève surprise, un malaise voyageur, ou un ralentissement du trafic.

Picard est votre meilleur ami (après le café, bien sûr…)

Avant…..ce mot revient de temps en temps. Néanmoins, vous n’échangeriez votre situation pour rien au monde.