Nounours

Nous avons adopté un nouveau membre dans la famille. Il s’appelle Nounours.

Samedi après-midi, petit tour au magasin de jouets. Je voulais acheter une dinette pour Julie. Après avoir fait trois fois le tour du magasin, tripoté les mini guitares et divers instruments, ignoré superbement les poupées du rayon filles, et enjambé un mini tracteur côté garçon, Julie tombe en arrêt devant un ENORME ours en peluche, et hurle « nounours !!!» Julie scotchée à la peluche a refusé obstinément de la remettre en place. Autant habituellement elle déménageait un peu les peluches du rayon, pour identifier l’espèce (‘panda, chat, ours crocodile’) puis les reposait  autant là, rien à faire, le coup de foudre a été immédiat.

Impossible de quitter le magasin sans nounours. Bon Julie ayant été un ange toute la semaine, et maman étant faible (et nounours pas trop cher), nous avons amené nounours à la caisse.

Négociations, il faut poser nounours pour le payer.

Adieux déchirant de mon petit bout « r’voir nounours » qui s’y reprend à deux fois avant d’accepter de poser le bestiau. Petit tour de l’autre côté pour attendre l’arrivée de nounours, dûment payé.

Crise de nerf de mon petit bout car ça ne va pas assez vite.

Regards de désapprobation des autres clientes….

Retrouvailles de Julie et de son nouvel ami, (câlins-bisous-léchouille) en route pour la maison.

Oui mais nounours étant plus grand que Julie, Julie a du mal à marcher droit. Julie veut prendre les escalators avec nounours, heureusement, maman fine négociatrice propose de porter nounours pour que Julie ne tombe pas. Julie accepte, mais garde l’œil sur sa nouvelle peluche préférée. Retrouvailles émouvantes avec nounours au bas des escalators (on dirait que ladite peluche est partie pendant une paire d’année. Pas de doute, elle est accroc).

Sur le trottoir, nounours traine un peu par terre, maman aide Julie à porter nounours, qui finit dans les rosiers du bas-côté. Désappointement de mon petit bout « oh non, nounours est sale ». Arrivée maison : « nounours a soif » et ma petite s’est appliqué à lui donner à boire…

« reposer avec nounours »…Je rêve, elle n’a pas voulu faire de sieste de l’après –midi…Miracle bear….mais en fait, le « reposer » est de courte durée. Il faut faire visiter l’appartement à nounours « quisine….napé… »

« Bain avec nounours…. », Oui mais non, ….négociations……

« Némo avec nounours », tiens, le retour du poisson clown….

Bref, et quand est arrivée l’heure du coucher : Nounours, dodo !!!

Evidemment 5 minutes plus tard elle dort, enfoui sous un tas de peluche, nounours en premier. C’est-y pas mignon ? Il faudrait que je prenne des photos.
J’imagine qu’il faudra dorénavant trimbaler nounours avec Julie, mais pourquoi n’a-t-elle pas choisi un chihuahua (grandeur nature)?

La tirelire

Vacances de février, il faut occuper l’enfant pendant que Chéri est au travail. Ma puce propose, battant des cils avec des yeux de biche : « pourquoi ne pas prendre l’argent de ma tirelire pour m’acheter une nouvelle poupée ? » Je trouve la démarche intéressante et nous passons la matinée à réviser les mathématiques par le biais des pièces de monnaie. Combien de pièces de 10 centimes faut-il pour faire un euro, combien as-tu dans ta tirelire, etc…nous y passons la matinée, car Julie a pris pour habitude de ramasser depuis quelques années tous les centimes qui trainent à la maison.  Ce qui fait un tas de pièces assez conséquent…. J’en profite pour répartir les pièces en petits sacs de cinq euros.

 

Puis nous partons au Fastfood avant d’aller choisir les jouets de mademoiselle au magasin, en fonction de son pécule.

 

Nous faisons les additions dans les rayons, ma puce, après quelques tergiversations, porte son choix sur une poupée, une couronne qui s’illumine pour se déguiser et quelques vêtements en plus pour sa poupée, soit en tout : 41, 97 euros.

J’arrive à la caisse avec le contenu de la tirelire, j’en profite, il n’y a personne dans le magasin. La caissière me voit arriver et déballer mes centimes, horrifiée. Elle me demande, « vous ne voulez pas plutôt faire une carte ? » J’explique que c’est Julie qui paye et que par conséquent, elle ne fera pas de carte bleue, vu qu’elle a 6 ans.

Il y a donc pour payer avec la tirelire : un billet de 10 euros, puis 10 euros en pièces de 1 à 2 euros, puis à nouveau 10 euros en pièces de centimes jaunes, et donc 11,97 euros en petites pièces de centimes bronze.

Derrière moi une maman arrive, avec son petit garçon, et j’entends « oh regarde maman toutes les pièces ! » La mère interloquée demande ce que je fabrique, et j’explique que c’est ma fille qui paye avec sa tirelire ses nouveaux jouets. Elle éclate de rire et change de caisse. La caissière quant à elle, demande l’assistance d’une autre pour compter. Il faut dire qu’elles ne peuvent pas me croire sur ma bonne mine et sont donc obligées de recompter tous les centimes.

Arrive le chef du magasin, furibard, qui m’explique qu’heureusement qu’il n’y a personne dans le magasin, en d’autres circonstance, il aurait refusé ce moyen de paiement. J’explique que c’est une question de principe et d’éducation. Radouci, il me dit que la prochaine fois, il faudra que je fasse des rouleaux. Effectivement si ça se reproduit, c’est une bonne idée.

Les caissières comptent avec moi les centimes, tout en se demandant comment elles vont faire le soir pour recompter leur caisse… (oups, je n’y avais pas pensé). Une fois les articles dûment payés, je les remercie chaleureusement, mais je n’obtiens pas franchement de réponse, elles préfèrent m’ignorer….bon tant pis. Julie est ravie.

Je sens bien qu’ils me détestent dans ce magasin.

Les rats des villes

Les rats des villes

Aujourd’hui temps gris mais non humide, un poil venteux, je décide d’emmener Julie à la cueillette de tulipes, à la ferme. Le paysage s’annonce prometteur : un mini Keukenhof nous attend, avec ses rangées de tulipes par couleur. Julie s’attaque à une tulipe jaune, tire de toutes ses forces, et patatras, se retrouve allongée de tout son long dans la plate-bande, néanmoins avec son trésor à la main. J’explique qu’il faut cueillir des tiges longues, mais manifestement, l’exercice n’est pas simple pour mon petit bout. Après plusieurs essais, nous arrivons néanmoins à faire un bouquet conséquent et pas trop mal. J’avise un panneau qui m’explique qu’aujourd’hui à la cueillette, il y a aussi des poireaux, des navets et des radis. Bah après tout, on y est. Je propose à ma puce d’aller chercher ces légumes. La petite, ravie enchantée de cette nouvelle expérience, en saute de joie.

Nous nous dirigeons vers le champ de poireaux. C’est à l’autre bout de la zone de cueillette (un poil loin quand même, imaginez que j’ai aussi sur les bras un seau de 53 tulipes). En fait c’est une première pour moi aussi, je n’ai jamais cueilli moi-même un poireau. J’avise la zone à poireaux…je m’attends en fait à trouver un poireau normal, quoi, comme je l’achète en supermarché. Pas du tout, la vérité est toute autre, cela ressemble plus à un énorme cactus….Des bêches sont à notre disposition. Je ne vais pas m’en laisser compter par un poireau. Donc, avec mon seau de tulipes, mon sac à main, ma fille, je me saisis de la bèche pour œuvrer (ce n’est pas léger, l’engin…).

 

Trois pas plus loin, patatras, Julie est par terre, le nez dans les sillons. Courageuse, la petite se relève, et ne va pas s’en laisser compter non plus. Premier essai, le sol est super dur, mais j’attaque hyper motivée, et la petite aussi. Nos énergies cumulées (et un jurlement, j’avoue…) nous permettent de venir à bout de la bête (plus grand que Julie il faut le dire).

Dument munies de nos deux poireaux, du seau de tulipes et de nos affaires personnelles, je propose à ma puce d’aller attaquer les radis. Julie m’explique qu’elle est fatiguée et qu’elle a mal aux pieds. Mais que bon pour trois radis, elle veut bien quand même. Heu je cherche, mais en fait, je n’ai jamais déterré un radis non plus je ne sais pas à quoi ça ressemble quand ce n’est pas déterré. Je tourne en rond dans les salades, et je finis par apercevoir un petit groupe de l’autre côté du champ probablement en train de réaliser l’exercice.

Nos trois radis déterrés (c’est dommage qu’on en ait pris que trois, parce que ça au moins c’est drôle et facile à faire). Je lui dis qu’il reste à trouver les navets. Ma petite me dit qu’elle est fatiguée et qu’elle a mal aux pieds et qu’elle a froid, mais qu’elle veut bien cueillir un navet. Heureusement qu’il y a les pancartes…je suis aussi douée en feuille de navet qu’en feuille de radis. Une fois les navets repérés, nous nous dirigeons vers eux, quand patatras, Julie se retrouve le nez dedans. Elle se relève courageuse, me dit que elle n’a pas de chance, qu’en plus d’avoir froid, mal au pied et être fatiguée, maintenant elle a mal au genou et elle a un caillou dans sa botte…hostile, la nature.  Je ne veux pas en rajouter, mais en plus, elle est couverte de terre, de la tête aux pieds.  En fait, moi aussi, un peu. Ça bataille le poireau….

J’arrive à la caisse, avec mes tulipes, 3 radis, 2 poireaux et un navet. Avec en prime 2 pissenlits et une pomme de pin. Tel Caliméro, Julie explique à la caissière que c’était très difficile, qu’elle est tombée, et qu’elle s’est salie, qu’elle a de la terre dans ses bottes, et qu’elle a mal au genou. Je réconforte ma petite puce, j’explique que les légumes sont meilleurs quand on les a attrapé soi-même.

Nous sommes rentrées avec le butin, et en passant, je nous ai vues dans la glace. Ma chevelure a semble-t-il subit un sillage d’hélicoptère, de la terre macule mon jean. La petite est couverte de poussière. Nous avons toutes les deux le nez qui coule, et la sève de la pomme de pin nous poisse les doigts. Deux rats des villes….He bé ! Quel état pour quelques tulipes, 2 poireaux, un navet et trois radis….et dire qu’on avait pris un bain avant d’y aller…