J’ai toujours tendance à critiquer notre sacro-sainte société de consommation

Mais je dois reconnaître que les progrès de la science ont permis de mettre sur le marché des choses dont je ne peux plus me passer en tant que mère, épouse  et salariée :

– Le smartphone évidemment, rempli avec les dernières photos de mes petits bouts, les numéros de la crèche et du pédiatre, et les adresses mails de mon patron pour prévenir de potentiels retards / enfants malades / grèves surprises. Plus un jeu de scrabble, je ne désespère pas qu’à force d’entraînement, je pourrai un jour battre Chéri. Et l’appli qui me dit quand mon bus arrive. Ce qui m’évite de courir entre ma maison et l’arrêt de bus.

– L’ouverture sans contact de la voiture !! Ah mais je dois bénir l’inventeur de ce système, quand j’arrive avec la poussette, les deux enfants, la trottinette et les sacs divers et variés. Pas besoin de chercher mes clés. Bon l’inconvénient, c’est que si la voiture ne s’ouvre pas, c’est que je ne les ai pas, les clés…..

– La salade en sachet. Ben oui, j’ai HORREUR de laver la salade. Qu’on se le dise.

– les pulls-chemises (j’adoooore les pulls-chemises, tellement pratique, pas besoin de réfléchir)

– Ma bien-aimée cafetière à capsules, même si ce n’est pas très bon pour l’environnement. What else?

– la box avec la fonction Replay. Parce qu’il y a Stéphane Plazza. Et Philippe Etchebest. Oui, maman a aussi le droit de se détendre.

– Les lingettes anti-bactérienne – Salutaires en cas de gastro (oui je sais, ça aussi ce n’est pas bon pour l’environnement : les lingettes ET la gastro.

– La lingette anti-décoloration, parce que le tri chez moi c’est fini, et c’est quand même bien plus pratique. Et pour l’environnement, ils en font des réutilisables.

– les frites au micro-onde, les gnocchis à poêler, les crêpes en sachet (ouiiiiii je sais cinq fruits et légumes par jour c’est mieux, mais parfois l’essentiel, c’est que les enfants mangent quelque chose). Sauf que Chéri souhaite de temps en temps manger de la nourriture pour adulte, m’at-il dit.

– la crème antirides (parce qu’au deuxième enfant, il en faut double dose).

ça-me-la…

Je profite de mes derniers jours de congé parental pour ranger chez moi et chez ma mère.

Je suis assez contente des nouveaux aménagements que j’ai fait dans notre appartement. Néanmoins je trouve que les jours raccourcirent et je vois arriver avec effroi la fin de cette parenthèse bénie. Je me suis donc imposé un calendrier militaire avec tout ce que je souhaite terminer avant de retourner travailler. Vendredi, jour où j’ai prévu d’aller chez ma mère j’apprends qu’elle ne sera pas disponible avant 13h. J’ai donc le temps, enfin je pense, d’aller faire un tour au magasin de meubles pour prendre des boites de rangement, et être de retour pour ma visite médicale, en début d’après-midi. Il faut dire que je suis allée chez ma copine Annick qui m’a montré son sous-sol rangé au carré, et ça m’a donné des idées, et la motivation de trier les fringues de Julie entassées dans un placard chez ma mère. Histoire de retrouver facilement des vêtements à la bonne taille pour Charlène.

C’est donc pleine de bonnes résolutions que je me dirige en vitesse au magasin, avec un petit sandwich, pour aller chercher les boites.

Les boites ont un petit nom et elles s’appellent çamela. J’en prends cinq, avec les couvercles, et j’en profite pour racheter des torchons, des éponges et des petites boites en carton. Coup d’œil à ma montre c’est bon j’ai juste le temps d’avaler mon sandwich et de filer au rendez-vous. Je passe à la caisse où il faut scanner soi-même les articles. Bref une fois mes articles scannés et payés, j’empile les boites pour les amener à la voiture.

C’est alors, qu’une dame, préposée à ces fameuses caisses, me bloque le passage. Elle me demande : « vous allez faire un deuxième ticket ? » Je la regarde étonnée, et je lui dis que non, j’ai payé tous mes articles.

Elle me répond : « dans ce cas, madame, nous avons un problème ».

Encore plus étonnée, je réponds : « ah bon ? Et lequel ? »

« Vous avez 15 articles, et vous n’en avez payé que 10 ».

Je la regarde, de plus en plus interloquée, et je recompte mes articles. Selon moi il y en a bien 10.

« Non, madame, 15 !!! »

Je lui dis que je ne comprends pas.

Sur ce, elle appelle la sécurité.

Tout à coup, illumination : « Etes-vous en train de me dire que il faut payer les boîtes et leurs couvercles séparément ? »

« Madame, je ne peux plus rien pour vous ».

Arrive l’agent de sécurité. La préposée au caisse, sur un ton accusateur exige :

« Emmenez madame pour payer les articles manquants !! »

Bref, je suis rouge de honte et déconfite, et je bredouille à l’agent que jamais je n’ai voulu voler quoi que ce soit, et que ma logique personnelle est en cause, puisque cela ne me viendrait pas du tout à l’esprit de vendre une boîte sans son couvercle !

L’agent est sympa, souriant, il me dit de ne pas m’inquiéter : ça arrive.

Il me pilote vers la caisse centrale, ou je rebredouille que je ne l’ai pas fait exprès, mais à vrai dire, les filles de la caisse n’ont pas l’air de considérer cette histoire grave, et me font tout simplement payer les cinq boites (parce qu’en vrai, du coup, je n’avais payé que les couvercles…)

Bon, les boîtes ET leurs couvercles dûment payés, c’est alors que je réalise qu’il y en a une de cassée. Flûte !

L’heure tourne et je vais être en retard. Les caissières m’ouvrent une barrière et me disent d’aller en chercher une autre. Scrogneugneu, c’est bien sûr à l’autre bout du magasin.

Résultat des courses, je suis arrivée en retard à mon rendez-vous, et bien ça-me-la reste en travers de la gorge, cette histoire…..

Et le comble : ces boîtes ne ferment pas, il faut acheter, en plus, leur système de fermeture…

Les mystères de la langue française

Moi : « Julie va mettre ton pyjama »

Julie : « Oui maman viens voir c’est fait. Regarde, j’ai mis ma robe de chambre ».

Moi : « mais non ma puce, ça, c’est une chemise de nuit ».

Julie : « mais c’est une robe, pas une chemise ».

Moi : « heu oui, mais ça s’appelle comme ça. Chemise de nuit ».

Julie : « alors c’est quoi une robe de chambre ? »

Moi : « heu et bien c’est comme un peignoir, ou un manteau pour tenir chaud ».

Julie : « alors pourquoi ça s’appelle une robe si c’est pas une robe ? »

Moi : « heu…. ».

Sur le chemin de l’école

Pourquoi les débats philosophiques sont-ils toujours lancés cinq minutes avant le passage du bus que je dois attraper ?

Julie : «  maman, je n’ai pas envie d’aller à l’école ».

Moi «  aller à l’école est important : cela permet, si tu travailles bien, de pouvoir choisir le métier que tu voudras faire plus tard ».

Julie « moi plus tard, je veux être grand-mère ».

Moi : (hein ?) «  pourquoi ? ».

Julie : « Parce que les grands-mères, elles ont fini de travailler ».

Moi : « oui mais avant d’être grand-mère et à la retraite, elles ont été maman et ont eu un travail, pour gagner de l’argent et élever leurs enfants ».

Julie : « oui, mais après les grands-mères elles meurent ? »

Moi « heum oui, on peut voir ça comme ça ».

Julie : « Donc la vie c’est : aller à l’école, travailler, devenir grand-mère et mourir ? Alors non : je ne veux toujours pas aller à l’école ».

Moi : « heu….c’est un peu raccourci quand même, le travail c’est intéressant, l’école aussi… ».

Julie : « donc, toi aussi tu vas mourir ».

Moi ; « oui, mais toi aussi un jour, et on se retrouvera tous là-haut pour faire la fête ! » (Mon Dieu qu’est-ce que c’est nul comme réponse, mais bon, pas le temps….)

Julie : « bon je vais à l’école, parce que je suis courageuse, mais je n’ai toujours pas envie d’y aller… ».

Julie vient de perdre une incisive

Nous devisons tranquillement sur le devenir de la dent, surtout que Julie a récemment appris que la petite souris n’existait pas. Elle me dit : « ce n’est pas grave maman, je sais qu’une petite souris sommeille en toi, tu peux mettre une pièce sous mon oreiller… »

Pas bête hein ?