La boîte à camembert

Extrait de mon journal – Veille de rentrée 2014

Je prépare les fournitures scolaires et comme tous les ans il faut donner une boite à camembert.  Je ne sais pas ce qu’ils font avec toutes ces boites.

Le soir je demande à Julie si tout s’est bien passé à l’école. Elle me dit : c’est Kévin qui a eu la boite fromage de chèvre, alors que je la voulais aussi. Je comprends donc que la maîtresse a probablement mutualisé les boites. Je lui demande : et la tienne, qui l’a eue ? C’était une boite avec un R dessus.

« Mais pourquoi, un R maman ? »

« Et bien parce que c’était marqué Rustique dessus ».

« Mais enfin maman, qu’est-ce que tu crois ? Que je m’appelle Rustique ??? »

Joyeux anniversaire Benoît

10h00

Moi : levage habillage, rangement, nous partons au pas de course au cours de Poney, Julie et moi (aujourd’hui anniversaire Benoît – penser à lui mettre un sms)

Lui : habillage et direction le centre de loisirs pour inscription puce tardive de type dernier délai aujourd’hui pour les vacances de février. Demande à Chéri de passer aussi à la poste pour envoyer le cadeau de naissance d’un de ses copains avec à peu près deux ans de retard (faire les cadeaux de naissance fait partie de mes bonnes résolutions 2014…).

11h00

Moi : Fin du cours de poney – refuge au centre équestre pour se réchauffer avec petite puce. Café et chocolat chaud en attendant la baby-sitter.

Lui : Arrivée centre équestre, longue plainte sur les longues formalités administratives du centre de loisirs, d’où le découragement et le non passage par la poste.

12h00

Moi : sellage de cheval – plutôt dur, cours, plutôt pas glop, avec séance de jumping…ai bien failli me croûter.

Lui : plutôt satisfait….(de toute façon, il est bon cavalier, lui…)

13h30

Moi : retour maison – préparation nourriture (cassoulet) + rangement ad-hoc pour cause ancienne proprio qui passe récupérer avec un technicien l’ancien système de sécurité (penser à mettre un sms à Benoît) – touillage de cassoulet et rangement cuisine, débarrassage lave-vaisselle.

Lui : canapé télé.

14h15

Moi : aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahh ancienne proprio déjà là, je saute dans un jean (parce que j’ai gardé mon pantalon de cheval…) pendant que Chéri va ouvrir la porte. Enfournage merdier de la chambre dans le placard….

Lui : accueil proprio et technicien – gestion dessert Julie (pamplemousse et sucre)

14h30

Moi ; discussion avec ancienne proprio. Elle est plutôt impressionnée par la nouvelle cuisine (j’ai planqué à la va vite les assiettes de cassoulet comme j’ai  pu…)

Lui : vois d’un mauvais œil le technicien retirer le matériel. Ce qui laisse des traces horribles sur la peinture fraîchement posée (en fait l’entrepreneur a peint autour du dispositif…)

 

15h00

Moi : Ancienne proprio partie, une discussion avec Chéri s’impose. Toute la déco de l’appartement est à refaire, arg.

Lui : dit que nous n’avons aucun recours. Et qu’il faut refaire les peintures…appel immédiat à l’entrepreneur…

15h30

Moi : préparation liste de course (pour cause déjeuner dominical avec des copains qu’on n’a pas vu depuis longtemps, qui viennent à 5…on n’a jamais fait aussi nombreux…je plains sincèrement les voisins). Je demande à Chéri s’il veut m’accompagner au spectacle de ma mère et de son club du troisième âge ch’timi qui a lieu ce soir. Aucun doute sur sa réponse négative à cette proposition de sortie.

Lui : rugby télé avec tablette numérique et jeu vidéo

16h00

Moi : je pars faire les courses (enverrai sms à Benoît en rentrant, j’ai le temps je suis large). La petite veut venir, elle est mo-ti-vée. Parce que je lui ai dit qu’on ferait toutes les deux une galette des rois dimanche et qu’il faut acheter les ingrédients.

Lui : aaahhh enfin seul !

16h30

Moi : aux courses, je rencontre Madeleine, sa maman, et sa grand-mère (Madeleine étant la meilleure amie de Julie) embrassades, cavalcades, la maman de Madeleine, enceinte de 4 mois me demande si je peux assumer les deux pendant qu’elle fait une course…pas de souci et je suis partie avec les petites à la chasse aux yaourts natures….les petites sont pleines d’énergie et on est quand même samedi après–midi, c’est noir de monde. Je sens les regards lourds de reproches sur mon système éducatif. Pendant que je fais peser les carottes et les oignons aux filles, chacune leur tour, en les portants pour éviter qu’elle ne s’appuie sur la balance (sinon, je paye 15 kilos de carottes), les queues se forment derrière moi et les reproches aussi : « vous avez bientôt fini ???? »

Finalement la maman de Madeleine vient reprendre son bien, les petites doivent se séparer, drame, larmes, étreintes et adieux déchirants mais musclés, Madeleine finit par tomber et se met à pleurer, donc Julie aussi…La maman de Madeleine et moi nous quittons sur ces entrefaites…

Lui : rugby télé avec tablette numérique et jeu vidéo.

18h45

Moi : Je finis mes courses tant bien que mal…. Avec la petite qui boude. Heureusement, elle me donne quand même un coup de main en caisse. La perspective d’arriver en retard au spectacle de sa grand-mère maternelle la motive pour accélérer un peu le mouvement.

Lui : rugby télé avec le tablette numérique et jeu vidéo. C’est le Crunch (France-Angleterre…)

19h15

Moi : Aaaaaaaaaaaaaaaaa suis en retard pour la soirée de ma mère, je demande à Chéri de m’aider à ranger les courses, pendant que je mets des collants propres à Julie. J’enverrai le sms à Benoît pendant la soirée (c’est sur de toute façon que j’aurai le temps de le faire…à mon avis ce soir je vais m’ennuyer).

Lui : levage pénible du canapé, et je ne range que les produits frais et laisse le reste en tas sur le bar. Parce qu’après tout, c’est le crunch.

19h20

Moi : départ vers la voiture, Julie a emmené sa couronne en papier qu’elle a peinte à l’école, rose et violet, pour être jolie. Pas eu le temps de la coiffer mais je prévois de le faire en arrivant (j’ai pris tout ce qu’il faut), pour éviter le système COMORES (conseils maternels ordres et remontrances).

Lui : canapé télé et tablette numérique pour s’entrainer à la guitare.

20h00

Moi : péniblement garée un peu à pétaouchnoc, car je n’ai pas réussi à localiser le parking de  la salle des fêtes. Je traine la petite au galop. Il fait un froid glacial.

Lui : canapé télé et tablette numérique pour s’entrainer à la guitare.

20h30

Moi : Je suis presque tranquille, ai grignoté quelque chose, ai coiffé la petite, le maire et sa compagne sont venus me dire bonjour et m’ont signalé que la France a gagné.

Lui : canapé télé, en plus c’est bientôt the Voice. Je me fais une pizza avec une petite bière…

22h00

Moi : Ma mère chante « pas de boogie woogie ». Ça me fait rire.  Je ris de la voir heureuse ce soir. En revanche les convives à ma table ne sont guère causants. En plus ils ne comprennent rien (c’est normal c’est un spectacle en patois chti). Même moi je peine à suivre. De toute façon je dois gérer la petite, bien décidée à monter sur scène pour aller chanter la chanson de la reine des neiges, avec laquelle elle s’entraine dur depuis 15 jours.

Lui : canapé télé avec the Voice, et tablette numérqiue-guitare.

22h30

La petite s’endort sur mes genoux. Ma mère me somme de rentrer. Tant pis pour le « clair de lune à Maubeuge » qu’elle doit chanter  avec son groupe d’ici une demi-heure. (Mince je n’ai pas envoyé à Benoît son sms. Bon il est un peu tard, je le ferai demain).

Je retourne à la voiture, dans le froid, et en portant la petite qui ne veut plus faire un pas, et qui boude parce qu’elle n’a pas pu chanter.

22h45

Moi : arrivée maison avec enfant endormie dans les bras appelle Chéri au secours pour qu’il  vienne m’aider. (Enverrai sms à Benoît demain matin)

Lui : ah elles sont rentrées ! Je vais aider mon épouse.

23h00

Moi : dodo

Lui : canapé télé –tablette numérique

Dimanche

8h30

Moi : lever pénible …café devant la rediffusion de télématin (émission classée dans mon top 5, sachant que la première position elle est détenue par Stéphane Plazza, indétrônable). Je profite de cet instant de tranquillité. Je sais qu’il sera court….

Lui : zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz (a vu la fin de the Voice, lui…)

9h00

Moi : débarrassage lave-vaisselle, rangement des courses qui trainent encore bizarrement sur le bar….

Lui : café canapé télé….Chérie, tu ne devrais pas démarrer la carbonade (un plat  de viande bien de chez moi pour ceux qui ne connaissent pas)?

10h00

Moi : Démarrage carbonade, Chéri est venu voir et m’indique que je coupe la viande dans le mauvais sens (y a un sens ???)

Lui : Aller-retour à la boulangerie pour aller chercher le pain.

11h00

Moi : habillage + négociations avec Chéri : aspirateur ou mise de la table ? Je montre à Chéri qui proteste sur la nécessité de passer l’aspirateur qu’il y a des miettes invisibles à l’œil masculin un peu partout….

Lui : Bon ok, il va passer l’aspirateur.

12h30

Arrivée ponctuelle de nos amis et de leurs trois enfants.

Moi : je suis prête ! (Mince !!!Benoît !!!!)

Lui : aussi.

16h00- nos amis s’en vont nous avons passé un bon moment, même si à partir de 15h les hommes ont mis le rugby et les femmes sont parties s’isoler pour discuter.

Après …

Moi : Une heure de pause  (Stéphane Plazza, sur la tablette, dans la chambre pendant que la petite regarde Gully) + Rangement souk de la cuisine

Lui : rugby canapé télé dans le salon

18h30

Moi : le temps file…demande à Chéri de donner le bain à la petite

Lui : migraine oculaire. Part se reposer les yeux.

18h30- 20h30

Moi : préparation diner du soir + lessives + rangement cuisine + remontrances à Chéri, que passer son week-end devant 3 écrans en même temps ce n’est pas bon pour les yeux !

Lui : Veuillez faire cesser, oh instances supérieures, les reproches légitimes de mon épouse, … je souffre.

Répond mollement que le bain de Julie sera donné dans un instant.

21h00

Ouf tout le monde a mangé et la petite est lavée…..

Nous regardons un film, Chéri n’a plus mal à la tête….

23h00

Moi je vais me coucher….Mince Benoît !!!!

Lundi

11h00 – « Allo, Benoît ? JOYEUX anniversaire pour samedi !!!! »

Le sac de course

Veille de rentrée scolaire, été oblige, la puce a pris deux tailles (les enfants grandissent toujours pendant les vacances, vous avez remarqué ?), nous devons à minima lui racheter quelques vêtements… je profite d’un super bon de réduction de chez « Aux enfants sages ». pour aller y faire un petit plein de T-shirts, baskets et pantalons. Oui j’en ai pour un peu cher, mais je me dis que ce n’est pas très grave dans la mesure où :

  • j’ai un bon de réduction. Donc il faut que je le dépense, c’est très logique.
  • les vêtements iront ensuite à ma nièce, il s’agit donc d’un investissement long terme
  • ils sont hyper résistants, voir ligne ci-dessus.

Le gros sac de la marque et moi nous partons après acheter le cartable, absolument nécessaire, puis Chéri nous rejoint et nous en profitons pour faire les courses de bouffe au magasin alimentaire, « Comida ».

Bref, un samedi après-midi de pré-rentrée scolaire, rien d’exceptionnel. Sauf qu’au magasin « Cuisine en folie » (articles de cuisine), il y a une démonstration de décoration de gâteaux. Et celle qui fait cela, c’est la baby-sitter de Julie, qui bien sur veut a-bso-lu-ment aller voir. Je donne les courses de bouffe à Chéri qui se propose de rentrer à la maison les mettre au frais, et je pars tranquillement avec le reste à « Cuisine en folie ».

Le cours est sympa, c’est vrai que Bénédicte s’y entend pour travailler la pâte à sucre. La petite est ravie, moi aussi. Ce n’est que bien plus tard, qu’en fait, je me rends compte que je n’ai plus avec moi le sac de « Aux Enfants sages ». Arg, je n’y ai pas fait attention, toute absorbée que j’étais par ce cours de cuisine. Et je pense donc immédiatement qu’on me l’a volé. Je me précipite dehors, ….rien. Bénédicte est désolée pour moi. Et en plus, le système de télésurveillance du magasin est en panne, c’est ma veine.

J’appelle Chéri pour lui expliquer, et lui demander si par hasard, il a avec lui le fameux sac (on ne sait jamais….). Il me dit que non, et que je ne fais jamais attention. Sur les conseils d’une vendeuse, je me précipite, à la sécurité du centre commercial effectivement, j’ai repéré des caméras de vidéosurveillance bien placées….les gars m’expliquent qu’ils ne peuvent rien visionner sans plainte officielle à la police. Qu’à cela ne tienne, je vais porter plainte.

Mais avant je file chez « Aux Enfants sages » refaire mes achats parce que :

  • j’en ai besoin
  • j’ai un deuxième bon de réduction (que je n’ai pas pu cumuler avec le premier)
  • et je mets tous les achats sur mon compte pour éviter de me faire pourrir par Chéri sur mon côté dépensier.

Bien sûr j’en profite pour raconter ma mésaventure…les vendeuses me plaignent de tout leur cœur.

Reste à trouver le temps d’aller déposer ma plainte. Un brin compliqué le commissariat de ma ville est ouvert de 9h à 12h en jour de semaine, mais j’apprends que celui de la ville d’à côté fait nocturne. Entre la rentrée scolaire, les devoirs (ça c’est nouveau) et l’organisation générale, je ne trouve le temps d’y aller que le vendredi (soit presque une semaine plus tard !). Courageusement, en sortant du boulot, je m’en vais donc au commissariat.

Comment dire….

Je suis restée trois heures, et en trois heures j’ai vu défiler : un groupe d’agents de sécurité qui a mis un jeune en garde à vue pour agression, un jeune fichu à la porte par son père, n’ayant nul endroit où aller, deux touristes anglais (ou américains ?) qui se sont fait dévalisés, la mère d’une ado schizophrène qui a disparue, la mère d’une petite fille, dont l’ex-mari refuse de dire où ils sont, et moi donc avec mon sac de course « aux Enfants sages ».  Et deux mains courantes pour escroquerie à la carte bleue. Autant dire que j’ai franchement l’air fin, au milieu de tous ces drames. 23h sonne c’est mon tour, le policier (avec un léger sourire au début quand même) prend note de ma plainte, m’imprime 5 feuilles que je dois signer, prenant donc en considération que j’ai  bien lu l’alinéa 6 du texte de loi n°12, et me voilà donc officiellement victime de vol. Je lui signale que la zone est télé surveillée, et que donc, malgré les drames qui se jouent au quotidien, ils auront sûrement beaucoup de facilité à identifier mon voleur.

Voilà.

Et ce n’est pas peu fière d’être allée jusqu’au bout de ma démarche que je rentre à la maison. Non mais !

La vie suit son cours, et lundi, je reçois un coup de téléphone :

« Ici la vendeuse d’ « aux Enfants sages », c’est bien vous qui aviez déclaré un vol de sac de course ? »

« Oui c’est moi »

« Le magasin Comida l’a retrouvé et ils viennent de nous prévenir ».

« Euh…? »

C’est lundi, la petite est en main ce soir avec ma mère, après vérification au téléphone il ne manque rien dans le sac. Je décide donc de filer au commissariat retirer ma plainte. Et je me demande vraiment ce qui s’est passé, j’étais per-su-a-dée de l’avoir avec moi ce sac. Impossible de l’avoir oublié chez Comida. J’en suis certaine. Et puis d’ailleurs c’est bizarre non ? C’est certainement quelqu’un qui l’a pris, qui m’avait suivie et qui l’a redéposé chez Comida après coup, en regrettant son geste. Sinon, cela n’aurait pas pris une semaine à le retrouver. Forte de ce scénario qui me rassure sur mon état mental, je retourne donc au Commissariat.

Ce soir il y a : un jeune qui s’est fait rappeler à l’ordre pour délit de fuite, un homme qui a eu un accident de voiture et la personne s’est enfuie (aucun rapport avec la première histoire), une maman à la recherche de son ado (ce n’est pas la même que la semaine dernière), un allemand qui a été détroussé (décidément, les touristes n’ont pas de bol…) et quelqu’un d’autre dont je n’ai pas suivi la raison de sa présence. De toute façon je fais des records au scrabble sur mon téléphone, en me disant qu’ici il n’y a pas beaucoup de confidentialité.

Mon tour arrive, je retire donc ma plainte, et je vois marqué au-dessus du mur que tout dépôt de plainte abusif est puni de 6 mois de prison et 75 000 euros d’amende. J’ai bien fait de ne pas traîner. Mais de toute façon, je suis de bonne foi.

Je retourne chez « Aux Enfants sages » le lendemain pour me faire rembourser les achats, effectués donc en double. La vendeuse me reconnaît, ça prend un peu de temps, nous discutons, pendant que Julie se transforme en liquide sur le banc (c’est-à-dire allongée de tout son long, avec les membres qui pendent, pour manifester son ennui profond).

« Etrange cette histoire  non ? » dis-je.

«  Oui, mais nous en voulons beaucoup à Comida…ils ont mis une semaine pour nous appeler ! »

Bon, mon scénario s’envole en fumée. Je suis décidément atteinte de grosse, grosse fatigue, c’est officiel. Mais notez que, dans mon état, c’est n’est peut-être pas si anormal….Le syndrome du neurone unique quand on est enceinte ?

La tirelire

Vacances de février, il faut occuper l’enfant pendant que Chéri est au travail. Ma puce propose, battant des cils avec des yeux de biche : « pourquoi ne pas prendre l’argent de ma tirelire pour m’acheter une nouvelle poupée ? » Je trouve la démarche intéressante et nous passons la matinée à réviser les mathématiques par le biais des pièces de monnaie. Combien de pièces de 10 centimes faut-il pour faire un euro, combien as-tu dans ta tirelire, etc…nous y passons la matinée, car Julie a pris pour habitude de ramasser depuis quelques années tous les centimes qui trainent à la maison.  Ce qui fait un tas de pièces assez conséquent…. J’en profite pour répartir les pièces en petits sacs de cinq euros.

 

Puis nous partons au Fastfood avant d’aller choisir les jouets de mademoiselle au magasin, en fonction de son pécule.

 

Nous faisons les additions dans les rayons, ma puce, après quelques tergiversations, porte son choix sur une poupée, une couronne qui s’illumine pour se déguiser et quelques vêtements en plus pour sa poupée, soit en tout : 41, 97 euros.

J’arrive à la caisse avec le contenu de la tirelire, j’en profite, il n’y a personne dans le magasin. La caissière me voit arriver et déballer mes centimes, horrifiée. Elle me demande, « vous ne voulez pas plutôt faire une carte ? » J’explique que c’est Julie qui paye et que par conséquent, elle ne fera pas de carte bleue, vu qu’elle a 6 ans.

Il y a donc pour payer avec la tirelire : un billet de 10 euros, puis 10 euros en pièces de 1 à 2 euros, puis à nouveau 10 euros en pièces de centimes jaunes, et donc 11,97 euros en petites pièces de centimes bronze.

Derrière moi une maman arrive, avec son petit garçon, et j’entends « oh regarde maman toutes les pièces ! » La mère interloquée demande ce que je fabrique, et j’explique que c’est ma fille qui paye avec sa tirelire ses nouveaux jouets. Elle éclate de rire et change de caisse. La caissière quant à elle, demande l’assistance d’une autre pour compter. Il faut dire qu’elles ne peuvent pas me croire sur ma bonne mine et sont donc obligées de recompter tous les centimes.

Arrive le chef du magasin, furibard, qui m’explique qu’heureusement qu’il n’y a personne dans le magasin, en d’autres circonstance, il aurait refusé ce moyen de paiement. J’explique que c’est une question de principe et d’éducation. Radouci, il me dit que la prochaine fois, il faudra que je fasse des rouleaux. Effectivement si ça se reproduit, c’est une bonne idée.

Les caissières comptent avec moi les centimes, tout en se demandant comment elles vont faire le soir pour recompter leur caisse… (oups, je n’y avais pas pensé). Une fois les articles dûment payés, je les remercie chaleureusement, mais je n’obtiens pas franchement de réponse, elles préfèrent m’ignorer….bon tant pis. Julie est ravie.

Je sens bien qu’ils me détestent dans ce magasin.