40 heures

Pour bien commencer l’année, je vous propose un récit tiré de mes carnets de voyages !

Il est 4 heures du matin, je suis en Mongolie (et oui, encore…) et je n’ai pas beaucoup dormi. Notre taxi vient nous chercher à 5 h00 pour un vol retour sur Paris prévu à 7h00.

C’est ensommeillée, et un peu stressée (voyager me stresse toujours, mais bon ça je l’ai déjà dit je crois) que je rejoins mon chef dans le hall de l’hôtel. Ce dernier gentiment me propose un paquet de gâteaux. J’apprécie le geste, surtout qu’évidemment à 5h pas de petit déjeuner servi.

5h01, le chauffeur est là. Pas de souci majeur donc, je comate doucement dans la voiture, en me remplissant les yeux des dernières images de paysages mongols.

L’arrivée à l’aéroport est tranquille. Les bagages enregistrés, on se dirige vers le lounge et nous faisons au passage nos derniers achats de souvenirs mongols.

C’est là que ça se gâte.

Une annonce en anglais, mâchonnée et laconique, nous indique que les vols sont retardés à cause de la météo. Difficilement compréhensible pour le profane, car il fait un soleil radieux. Heureusement que je sais que c’est à cause des vents. A cette saison, cela arrive. Mon chef, en profite pour se mettre au boulot et me conseille vivement d’en faire de même….mmmm bof, bon OK.  Nous grignotons en faisant du power point. A 14h00, on nous sert un plateau repas, mais toujours aucune information sur notre supposé décollage.

Au bout de 9h00 de non information, je décide d’aller à la pêche aux infos (tant pis pour le boulot…). Quelques étrangers sympas se sont regroupés, afin de saisir au vol un agent de l’aéroport. Ce dernier leur a dit d’attendre là, il y a plus d’une heure de cela. A force d’insister et surtout sous la pression du groupe, l’agent fini par nous amener quelqu’un en charge de la logistique. Nous invitons ce dernier, à nous suivre (bien qu’il ait manifestement envie de tourner les talons) dans le lounge pour s’occuper des billets des voyageurs en transit. Ce retard dans le décollage nous a fait pour la plupart louper notre correspondance à Moscou. De mauvaise grâce, il nous suit et ramasse tous les billets à changer. Il nous dit d’attendre. Il revient 1 h plus tard avec quelques billets de rechange, mais bon, il y a quand même un risque de louper également ces correspondances-ci, si on ne décolle pas genre maintenant.

Deux heures plus tard, le vent est probablement tombé, nous décollons d’Oulan Bator. Arrivée à Moscou, évidemment nous avons raté la correspondance. On nous dit d’attendre. « Please wait » sera la seule phrase que nous tirerons de l’armada russe déployée pour s’occuper de nous, donc, les voyageurs sans visas. Néanmoins au bout de 2 heures, la situation semble se régler. Puis au bout d’1 heure d’attente supplémentaire, nous embarquons dans un bus, direction l’hôtel, pour y attendre le vol du lendemain. Parce qu’à cette heure-ci, plus de vol pour Paris….j’en profite pour appeler ma puce adorée, qui me signale que j’avais promis de rentrer ce soir et que je n’ai pas tenu ma promesse, de fatigue et d’émotion, j’ai ma petite lèvre qui tremble devant ce constat alarmant qu’une promesse, sacro-sainte dans la bouche de maman, n’a pas été tenue. Je maudis à la fois mon job, la météo, et le transport aérien.

Je finis par me coucher, mais stressée comme je suis, je mets deux réveils pour être sûre de me lever, et je vérifie qu’ils marchent tous les deux avant de sombrer pour quelques heures. Evidemment je me réveille toutes les heures pour vérifier que je ne suis pas en retard. Oui, je sais, je suis une grande stressée. Mon chef trouve que cela relève de la pathologie…

5 h du mat’ nous descendons manger. Ici il y a un petit déjeuner à 5h du mat’ et ça c’est cool. Je suis quand même un peu vaseuse, et mon chef trouve que je n’ai pas bonne mine. Rien d’étonnant, puisque je n’ai pas beaucoup dormi ces dernières 24h00…. Le bus vient nous chercher, et nous largue à l’aéroport de Moscou. Un peu désemparé, notre groupe se retrouve au contrôle douanier, sans aucune instruction. Ne comprenant pas ce manque d’évolution de la situation, je les pousse à passer les contrôles (on a déjà suffisamment attendu dans cette partie de l’aéroport je trouve…). Nous retrouvons donc une certaine routine une fois les contrôle passés, je me réfugie dans le lounge pour me connecter tandis que mon chef part faire des emplettes. Tout va bien, nous sommes à l’heure à la porte d’embarquement, et l’avion décolle sans encombre. Le voyage fut tranquille, si on excepte les trous d’air.

Arrivée Roissy, nous nous dirigeons vers la réception des bagages. Mon chef fut tout heureux de voir son bagage arriver, parmi les premiers. Et c’est patiemment que nous avons attendu le mien ….longtemps. Jusqu’à ce que je dise à mon chef : il n’y a pas de raison de douter tant que le tapis ne s’arrête pas.

Bien sûr, c’est à ce moment-là que le tapis s’arrête.

C’est semble-t-il un peu inquiet que mon chef me laisse seule à l’aéroport, parce que lui, il a réservé un taxi et le compteur tourne. Moi je ne suis pas très inquiète, c’est juste la suite logique de ce voyage déjà mouvementé…

Je me dirige vers le stand de réclamation bagages où semble sévir une personne peu engageante (après tout c’est normal, c’est l’endroit où vont tous les gens mécontents, un peu comme au service de recouvrement des impôts). Il y a déjà la queue. Un couple avec deux enfants qui n’a pas vu arriver sa poussette, un français dont le bagage est resté en Russie, et nous. Nous c’est-à-dire 1 française, 2 mongols, et moi. La française, posant une question à brule pourpoint à l’hôtesse se fait rembarrer rudement, parce qu’ici, c’est chacun son tour. Les mongols osent une question et subissent le même traitement. Je n’ose m’avancer, car cette dame a décidément l’air revêche. J’aide de mon mieux les mongols à comprendre la situation. Ca fait passer le temps.

Voyant que nous sommes tous du même vol et une fois traitées les demandes externes, la dame fait monter les rushs du vol (à savoir les bagages non réclamés) sur le tapis. En fait les 4 bagages y sont. Manifestement, le mien n’avait pas été mis sur le tapis ou alors, je ne l’ai pas vu. L’essentiel est de retrouver son bagage. Tout en remerciant la dragonne des bagages, je me dirige vers la sortie, pour trouver un distributeur, vers lequel je me dirige ostensiblement quand un malotru voyant m’y diriger accélère pour passer avant moi….puis une fois les sous récupérés, je me mets en quête d’un taxi pour rentrer chez moi.

La dame qui s’occupe des taxis m’en appelle un, tout en taillant une bavette à son voisin sur les résidences vacances. Au bout de 5 minutes d’attente, il s’avère que le taxi est parti dans la direction opposée. La dame râle un peu dans son talkie-walkie, puis me dit : « je vous présente mes  excuses pour cette attente inhabituelle ».

Je l’ai regardé avec des yeux ronds : si je compte, je suis partie la veille à 4h du matin, et je serai chez moi vers 14h. Avec le décalage horaire, cela fait donc à peu près 40h que je suis en transit pour rentrer chez moi (en général c’est deux fois moins). Et j’en profite pour expliquer en souriant à la dame, que sur ces 40h, c’est la seule à m’avoir présenté des excuses, pour 5 minutes !

Auteur : chroniquesdameliejeanne

Mère épouse et salariée, multitâche et multipare, tout un programme.....

4 réflexions sur « 40 heures »

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