Les rats des villes

Les rats des villes

Aujourd’hui temps gris mais non humide, un poil venteux, je décide d’emmener Julie à la cueillette de tulipes, à la ferme. Le paysage s’annonce prometteur : un mini Keukenhof nous attend, avec ses rangées de tulipes par couleur. Julie s’attaque à une tulipe jaune, tire de toutes ses forces, et patatras, se retrouve allongée de tout son long dans la plate-bande, néanmoins avec son trésor à la main. J’explique qu’il faut cueillir des tiges longues, mais manifestement, l’exercice n’est pas simple pour mon petit bout. Après plusieurs essais, nous arrivons néanmoins à faire un bouquet conséquent et pas trop mal. J’avise un panneau qui m’explique qu’aujourd’hui à la cueillette, il y a aussi des poireaux, des navets et des radis. Bah après tout, on y est. Je propose à ma puce d’aller chercher ces légumes. La petite, ravie enchantée de cette nouvelle expérience, en saute de joie.

Nous nous dirigeons vers le champ de poireaux. C’est à l’autre bout de la zone de cueillette (un poil loin quand même, imaginez que j’ai aussi sur les bras un seau de 53 tulipes). En fait c’est une première pour moi aussi, je n’ai jamais cueilli moi-même un poireau. J’avise la zone à poireaux…je m’attends en fait à trouver un poireau normal, quoi, comme je l’achète en supermarché. Pas du tout, la vérité est toute autre, cela ressemble plus à un énorme cactus….Des bêches sont à notre disposition. Je ne vais pas m’en laisser compter par un poireau. Donc, avec mon seau de tulipes, mon sac à main, ma fille, je me saisis de la bèche pour œuvrer (ce n’est pas léger, l’engin…).

 

Trois pas plus loin, patatras, Julie est par terre, le nez dans les sillons. Courageuse, la petite se relève, et ne va pas s’en laisser compter non plus. Premier essai, le sol est super dur, mais j’attaque hyper motivée, et la petite aussi. Nos énergies cumulées (et un jurlement, j’avoue…) nous permettent de venir à bout de la bête (plus grand que Julie il faut le dire).

Dument munies de nos deux poireaux, du seau de tulipes et de nos affaires personnelles, je propose à ma puce d’aller attaquer les radis. Julie m’explique qu’elle est fatiguée et qu’elle a mal aux pieds. Mais que bon pour trois radis, elle veut bien quand même. Heu je cherche, mais en fait, je n’ai jamais déterré un radis non plus je ne sais pas à quoi ça ressemble quand ce n’est pas déterré. Je tourne en rond dans les salades, et je finis par apercevoir un petit groupe de l’autre côté du champ probablement en train de réaliser l’exercice.

Nos trois radis déterrés (c’est dommage qu’on en ait pris que trois, parce que ça au moins c’est drôle et facile à faire). Je lui dis qu’il reste à trouver les navets. Ma petite me dit qu’elle est fatiguée et qu’elle a mal aux pieds et qu’elle a froid, mais qu’elle veut bien cueillir un navet. Heureusement qu’il y a les pancartes…je suis aussi douée en feuille de navet qu’en feuille de radis. Une fois les navets repérés, nous nous dirigeons vers eux, quand patatras, Julie se retrouve le nez dedans. Elle se relève courageuse, me dit que elle n’a pas de chance, qu’en plus d’avoir froid, mal au pied et être fatiguée, maintenant elle a mal au genou et elle a un caillou dans sa botte…hostile, la nature.  Je ne veux pas en rajouter, mais en plus, elle est couverte de terre, de la tête aux pieds.  En fait, moi aussi, un peu. Ça bataille le poireau….

J’arrive à la caisse, avec mes tulipes, 3 radis, 2 poireaux et un navet. Avec en prime 2 pissenlits et une pomme de pin. Tel Caliméro, Julie explique à la caissière que c’était très difficile, qu’elle est tombée, et qu’elle s’est salie, qu’elle a de la terre dans ses bottes, et qu’elle a mal au genou. Je réconforte ma petite puce, j’explique que les légumes sont meilleurs quand on les a attrapé soi-même.

Nous sommes rentrées avec le butin, et en passant, je nous ai vues dans la glace. Ma chevelure a semble-t-il subit un sillage d’hélicoptère, de la terre macule mon jean. La petite est couverte de poussière. Nous avons toutes les deux le nez qui coule, et la sève de la pomme de pin nous poisse les doigts. Deux rats des villes….He bé ! Quel état pour quelques tulipes, 2 poireaux, un navet et trois radis….et dire qu’on avait pris un bain avant d’y aller…

Auteur : chroniquesdameliejeanne

Mère épouse et salariée, multitâche et multipare, tout un programme.....

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